Information et désinformation

« La désinformation réduit l’individu en esclavage. Elle l’attire par un discours différent, lui demande de ne plus faire confiance à personne et l’isole de sa famille, de ses amis » explique Jacques Henno. Le journaliste, spécialiste des outils de communication numérique, a animé mardi 10 mai, une conférence sur l’information et la désinformation au petit Kursaal. Cette intervention s’inscrivait dans le cadre d’actions autour de l’éducation aux médias sociaux numériques menées par la Coordination Jeunesse et Inter’âges de la ville de Besançon. L’expert a aussi abordé les questions d’« infobésité », d’information-spectacle, dénoncé la non neutralité des réseaux sociaux et réitéré la nécessaire vérification des sources pour lutter contre les rumeurs, les manipulations.

Les participants à la table ronde répondaient aux questions du public.

Les participants à la table ronde répondaient aux questions du public.

Après les sketchs et le slam présentés par les adolescents de l’Espace Jeunes de la MJC Besançon Clairs-Soleils traitant des usages et de la dépendance aux médias sociaux, une table ronde a été proposée. Marie Adam-Normand, coordinatrice CLEMI de l’Académie de Besançon, Damien Poirier, rédacteur en chef de macommune.info, Rodho, dessinateur de presse et une jeune fille, victime de cyber-harcèlement, ont rejoint Jacques Henno sur scène. « Posez-vous des questions. Avoir un esprit critique c’est vraiment important », enjoint Damien Poirier à l’assistance composée majoritairement de jeunes. A la question de la formation à l’école, Marie Adam-Normand a rappelé que les médias, l’information rentraient dans la réforme du collège l’an prochain. Le CLEMI est également engagé dans la formation des professeurs, éducateurs, parents. « Il faut que les parents puissent suivre ce que font leurs enfants sur les réseaux », détaille-t-elle.

Rodho avoue être « constamment branché sur les réseaux sociaux ». Ils sont une source d’inspiration. Avant d’apporter sa touche d’humour, sa note décalée sur un sujet d’actualité, il recoupe l’information, la vérifie. Ses dessins sont parfois récupérés par d’autres à des fins politiques et il le déplore. Mais par ailleurs, comme il le souligne, les médias sociaux permettent à des dessinateurs, souffrant de la censure dans leur pays, de s’exprimer.

M. Christine Loureiro, Référente CLEMI